Les banquiers belges s’attendent à plus d’octroi de crédit aux PME

19/03/2015

Les banquiers européens sont moins optimistes que les années précédentes concernant les perspectives de relance économique en Europe. Néanmoins, ils s’attendent à une amélioration des résultats financiers de leur institution en 2015, même si ceux-ci resteront bas de par les faibles taux d’intérêt.

Un autre point à mettre en exergue est le fait que les banquiers prévoient un assouplissement des politiques de prêt pour la plupart des secteurs. Ce sont surtout les PME qui vont être privilégiées. En effet, 50% des répondants belges disent être moins réticents à l’idée d’accorder des prêts aux PME.

Au niveau des priorités, les banques belges accordent une place importante aux investissements dans les nouvelles technologies centrées sur le client.

Enfin, les institutions se trouvent dans un environnement changeant et plus complexe en réglementations. Avec le secteur ayant des difficultés à livrer des rendements durables, le nombre d’effectifs est vu à la baisse par les banquiers.

C’est ce qui ressort de la 6ème édition de l’European Banking Barometer 2015 publié par EY.

Les banquiers plus pessimistes en 2015 sur les prévisions économiques…

Les banquiers interrogés lors de l’étude expriment de nombreux doutes sur la reprise économique en 2015. En effet, seuls 38% s’attendent à une amélioration des prévisions économiques contre 64% en 2014. En outre, ils sont maintenant 27% à penser que ces mêmes prévisions vont se détériorer dans les prochains mois. En Belgique, cette tendance au pessimisme est également confirmée avec seuls 20% de répondants prévoyant une amélioration de l’économie belge (59% en 2014).

…mais ils restent optimistes sur les performances financières de leur institution

56% des banquiers pensent de fait que les performances financières de leur institution vont s’améliorer. C’est seulement 4% de moins par rapport à l’année passée. L’étude dévoile par ailleurs que c’est principalement les prévisions pour le segment de la banque privée et de la gestion de fortune qui sont vues de manière positive. Cependant, l’augmentation du ROE (return on equity) restera modeste tant que les banques continueront à lutter pour réduire les coûts et accroître les revenus. Le contexte économique de taux d’intérêt bas rend également cette augmentation plus difficile.

Le secteur est plus résistant et soutient l’expansion du crédit, surtout pour les PME

Les banquiers s’attendent à ce que les politiques de prêts aux entreprises soient moins restrictives pour la plupart des secteurs. Ce sont surtout les PME qui vont être privilégiées. De fait, 50% des banquiers belges s’attendent cette année à accorder plus de crédits aux entreprises, en particulier aux PME.

Les investissements dans les nouvelles technologies orientées client sont une priorité majeure en Belgique

L’étude montre que pour les banques belges, les investissements en matière d’innovation sont prioritaires. Cela concerne particulièrement les innovations dans les nouvelles technologies centrées sur le client.

En outre, le baromètre souligne le fait qu’il est indispensable pour les banques d’investir dans la technologie si elles veulent devenir plus efficaces. Cette technologie jouera d’ailleurs aussi un rôle essentiel pour la cyber sécurité et la lutte contre la criminalité financière. 

Les priorités des banques

Lancer des initiatives pour promouvoir la croissance est une priorité pour les banques européennes (59%). 51% d’entre elles s’attendent à augmenter les crédits aux clients. Les banques vont aussi de plus en plus chercher le financement par les marchés de capitaux de gros (47%).

Malgré cette volonté de privilégier la croissance, le risque et la régulation resteront au sommet des priorités des banquiers en 2015. 71% voient ainsi la gestion des risques comme particulièrement importante. L’étude pointe par ailleurs le fait que des investissements dans la gestion du risque sont nécessaires. Enfin, une plus grande attention sera aussi donnée aux questions telles que le capital,  la liquidité et le « leverage ratio ».

Se concentrer sur le renforcement du core business et des capacités pour créer un avantage compétitif.

L’étude démontre que 41% des banques universelles pensent vendre des actifs cette année tandis que 34% vont considérer à entrer dans un partenariat ou dans une joint-venture.

Emploi

Un nombre important de banques européennes prévoit une réduction des effectifs.  Le nombre de banquiers prédisant des pertes d’emploi est de 43%. Les résultats belges sont dans la même lignée avec 52% de banquiers qui s’attendent à une chute de l’effectif. Cette réduction  serait surtout concentrée dans les domaines de l’IT et des opérations, du retail banking et des autres fonctions head-office.  A l’inverse, selon les résultats de l’étude, les recrutements seront plus focalisés sur le domaine du corporate banking,  de la banque privée et de la gestion de fortune.

A propos du Baromètre EY

Le European Banking Barometer 2015 – Reflecting a challenged industry d’EY a pour objectif de fournir une vue d’ensemble des perspectives macro-économiques et des impacts qu’elles auront sur le secteur bancaire pour les 12 mois à venir.

Pour cette sixième édition du baromètre, l’enquête a consisté à interviewer 226 banquiers « senior » à travers 11 marchés : l’Autriche, la Belgique, la France, l’Allemagne, l’Italie, les Pays-Bas, la Pologne, l’Espagne, la Suisse, le Royaume-Uni et les pays nordiques.

Les personnes ont été interrogées à partir d’une gamme d’institutions financières couvrant au moins 50% d’actifs bancaires pour chaque marché.

L’intégralité du rapport est disponible sur le site d’EY.

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